Afrique du sud
Johannesburg
02/05/2007

INTERVENTION DE LA RDC PAR MONSIEUR ELIE KUMBU KUMBEL PRESIDENT DE L`ANADER

Au moment où nous prenons la parole devant cette tribune, sommet des leaders des partis libéraux africains, qu’il nous soit permis de vous saluer tous fraternellement, au nom de tous les membres de l’ANADER qui nous ont confié, le 25 mars 2007 dernier les destinées du parti après la mort brutale de l’ancien président, feu Raphaël KUMBU-ki-LUTETE, survenue le 31 janvier de l’année en cours. Qu’il nous plaise d’observer, en sa mémoire, une minute de silence.

Mesdames et Messieurs,

La République Démocratique du Congo notre pays a connu, ces derniers mois, des événements qui ont influencé, certains positivement et d’autres négativement le devenir de l’Etat Congolais.
Il s’agit d'abord, de la tenue heureuse des élections qui ont conduit à l’établissement d’un nouvel ordre politique et ensuite, des troubles qui ont secoué la Nation, menant à des violations massives des Droits de l’homme.

Mesdames et Messieurs,

Par les scrutins organisés, notre pays s'est donné un cadre institutionnel et politique est ragaillardi, grâce à l’élection d’un Président de la République au second tour, l’installation d’un parlement bicaméral, la formation d’un gouvernement issu exclusivement de la majorité présidentielle. Il sied que nous puissions réitérer ici, ce que nous avons fait au cours de la conférence de presse que nous avons tenue à Kinshasa en date du 28 mars 2007, d’adresser nos sincères félicitations à tous les élus sans distinction ni de couleur politique, de religion, de sexe ou de provenance territoriale.
C’est aussi une occasion d’inviter à l’avenir notre population à un choix judicieux qui tienne compte à la fois du programme du candidat, de son parti et de son profil personnel, car nous avons constaté que, clochardisé, le peuple n’a pas tenu compte de tous ces critères et s'est tourné vers les candidats disposant d'espèces sonnantes et trébuchantes utiles à les rendre convaincants ainsi ou issus de la même ethnies.
C’est la raison pour laquelle l’ANADER compte, avec l’aide des partis frères et amis que vous représentez, intensifier la formation de notre peuple pour l’amener à l’avenir à opérer des choix plus significatifs, plus citoyens.

En ce qui concerne les troubles, l’ANADER, dans la conférence de presse citée ci-dessus, a déploré et condamné les incidents de la province du Bas-Congo (31 janvier et 1 février 2007 et de Kinshasa (22 et 23mars2007), incidents ayant provoqué la mort de beaucoup d’hommes, de femmes et d’enfants innocents, sans compter les blessés dont certains resteront invalides ou infirmes toute leur vie.
Nous avons a cet effet regretté de la part du pouvoir, le manque de retenue et de maîtrise des évènements, l`utilisation beaucoup trop facile, excessive et disproportionnée des armes de guerre.

Nous avons également déploré le dérapage verbale dans le chef de certains leaders de l’opposition en leur rappelant que le verdict des urnes, jugement souverain du peuple doit être accepté avec fair-play, que dans un Etat de droits il existe des règles et des pratiques qui doivent être appliquées par tous sans exception.
En plus des troubles que nous venons d`évoquer ici, notre pays s`est révélé impuissant à résoudre certains autres problèmes notamment :

1. Le problème de double nationalité. En effet, la constitution du pays en son article 10 est sans équivoque et déclare la nationalité congolaise une et exclusive. Or, une motion déposée à l’Assemblée Nationale a relevé qu’il existait des députés et des gouvernants disposant d’une double nationalité. Alors que l’issue de cette affaire devait être claire conformément à la constitution, nos députés se sont gracieusement imposés un moratoire. L’ANADER a énergiquement protesté contre cette façon d’agir et s’est constitué partie civile en cas de réponse favorable à la requête introduire auprès du Procureur Général de la république le 6 avril dernier,
2. L’occupation d’une partie de notre territoire par des forces angolaises. L’ANADER a fustigé la légèreté avec laquelle le gouvernement de la république par le truchement du Ministre de l’Intérieur a traité cette affaire et attend les résultats de la commission parlementaire qui a été dépêchée sur les lieux avant de se prononcer conséquemment.

Ce sont là, Mesdames et Messieurs les derniers évènements survenus dans notre pays et auxquels notre parti tient à y faire face.
Pour ce qui est de notre parti, il nous reste à vous dire, qu’en l’absence de différence idéologique fondamentale entre les deux principaux camps politiques évoluant dans notre pays et que tous s’accordent à ne réaliser aucun travail de vérité, justice et réconciliation quant à notre passé dictatorial, la nouvelle direction politique de l’ANADER a décidé de quitter le camp
« UNION » dans lequel elle évoluait jusqu’ici pour observer avec beaucoup de sagesse le neutralisme positif comme option politique.

Mesdames et Messieurs,

Les défis auxquels sera confrontée l`ANADER sont multiples, parmi eux, nous épinglerons le parachèvement du processus électoral avec les élections locales à venir et la formation permanente des cadres et militants.
Aussi, croyons-nous avec certitude, que de disposer d’organes de presse propre (écrite, audio, Internet et télévisuelle conduirait l’ANADER au succès et contribuerait de façon efficace à contenir la violence générée par les clivages de toutes sortes qui apparaissent dans les médias et à réduire drastiquement les nombreuses violations de la liberté d`expression.
Si ce cri est entendu et, est suivi de faits concrets, nous pouvons vous assurer que vous aurez ainsi aidé l’ANADER à participer au redressement de la République Démocratique du Congo et surtout à renforcer la lisibilité de la pensée libérale en RDC en particulier et en Afrique en Général.

Que vive le réseau libéral africain
Nous vous remercions.


KUMBU KUMBEL

Président National