COMMUNAUTE NE-KONGO DE LA DIASPORA

Conférence de presse tenue à Bruxelles le 14 mars 2007


Au Peuple Ne Kongo,

Au Peuple Congolais,

A tous les Peuples épris de Justice et de Paix,

A la Communauté Internationale,

Mesdames, Messieurs,

Les membres de la Communauté Ne Kongo à travers le monde réunis au sein de l’association de fait « Communauté Ne Kongo de la Diaspora », après avoir observé une période de deuil traditionnel pour permettre l’enterrement de nos martyrs dans la dignité et la sérénité ont tenu à faire la déclaration suivante à l’opinion nationale et internationale :

1. Les faits présents : Les évènements de Janvier et Février 2007 dans la région du Kongo-Central (RDC).

134 morts et 750 disparus !

C’est le bilan provisoire de la Mission des Nations Unies au Congo (MONUC) au 7 février 2007. Un bilan qui ne cesse d’augmenter selon les sources des organisations locales de droit de l’homme. Quelques en soient les raisons, ceci constitue un massacre et un crime contre l’humanité! Bilan lourd, consternant et provisoire des massacres et tueries perpétrés fin janvier et début février 2007 dans la Région du Kongo-Central (République Démocratique du Congo-RDC) envers la population civile qui manifestait pacifiquement et démocratiquement son mécontentement contre la corruption lors des élections provinciales et qui réclamait pacifiquement ses droits dans la rue.

Le Peuple Ne Kongo est aujourd’hui profondément endeuillé, victime, une fois de plus, des tentatives répétées de déstabilisation, de déstructuration, d’humiliation et de destruction de ses repères et valeurs dans tous les domaines : culturel, social, économique, religieux et politique.

Ces nouveaux massacres sordides perpétrés sur ordre du gouvernement de la RDC contre une population civile non armée par des militaires armés dépêchés sur place, comme l’a confirmé son Ministre de l’Intérieur le Général Denis KALUME, doivent interpeller toute la Communauté internationale, tous les peuples et nations du monde œuvrant pour les droits de l’homme.

Ces dérives doivent nous faire réfléchir et nous rappeler d’autres massacres et tueries dans cette province par le régime actuel de Kinshasa. En effet, des pareilles tueries au bilan certes moins lourd ont eu lieu à Luozi et à Moanda en 2002, à Lemba en 2004, à Nkanzi, Lemba et Seke Mbanza en 2005, à Matadi en 2006.

Nous, Ne Kongo, condamnons avec vigueur tous ces actes de barbaries et de terrorisme d’Etat et dénonçons fermement ces répressions répétitives qui frisent le complot contre un peuple et une province.

Nous dénonçons également les massacres dans d’autres provinces : nous pensons particulièrement aux victimes de Kisangani (2000), Makobola où des femmes furent enterrées vivantes, de Pweto, d’Ituri, de Bukavu et de partout en RDC tombées sous les balles de la violence armée et de la répression lors des manifestations pacifiques.

2. Le Peuple Ne-Kongo: bref rappel historique et constat

Mesdames, Messieurs,

Pour vous fixer les idées sur la situation que nous dénonçons et aussi sur l’objet de notre propos, il nous paraît utile de brosser un bref rappel du cadre historique et socioculturel Ne Kongo.

1) Le Royaume Kongo comprenait l’actuel « Kongo-Central », la majeure partie de l’actuel « Bandundu », une partie du « Congo-Brazzaville », le Nord de l’actuel « Angola ».

2) Depuis l’aube des temps, le peuple Ne Kongo est reconnu et réputé être un peuple vertueux, pacifique, hospitalier, travailleur, épris de tolérance, de justice et de liberté. Son attachement inné à ces grandes valeurs universelles l’a souvent conduit à jouer un rôle d’avant-garde dans différents mouvements de libération des peuples en Afrique centrale. Cet engagement a donné des noms et figures illustres dans la lutte anti-colonialiste et anti-esclavagistes africaines dont entre autres Vita Nkanga, Ndona Kimpa Vita, Paul Panda, Simon Kimbangu, André Matswa…

Nul n’ignore le mot d’ordre historique et célèbre « l’indépendance immédiate et totale pour un Congo uni et fédéral » de l’ABAKO (Alliance des Bakongo) ainsi que des événements du 4 janvier 1959 à Kinshasa qui ont précipité l’accèssion à l’indépendance du Congo.
Sur le plan économique, la province du Kong-Central fournit actuellement les 2/3 des ressources budgétaires de l’Etat congolais (RDC).

4) Les manifestations de la population civile de janvier et février 2007 des adeptes de BUNDU DIA KONGO (groupement au sein duquel les Ne Kongo déplorent le plus de victimes et de sinistrés) doivent être interprétées et comprises dans cette démarche philosophique et humaniste innée des Ne Kongo pour les droits démocratiques et le respect des valeurs.

La sagesse du peuple Ne Kongo ainsi que les vertus évoquées ci haut se trouvent une fois de plus bafouée par une dérive dangereuse des pratiques d’antivaleurs en RDC, car, si aujourd’hui, dans certaines provinces on respecte et on négocie avec ceux qui tuent et violent, par contre dans la province du Bas-Congo, la population civile Ne Kongo qui manifeste et revendique pacifiquement ses droits, est massacrée sauvagement. Voilà pourquoi le Peuple Ne Kongo se cabre aujourd’hui et réagit comme dans le passé en disant : «Non et plus jamais ça ! Il nous faut un nouveau contrat social pour un destin commun !».

Mesdames, Messieurs,

Vous prenant à témoins en vertu de votre noble métier et mission, nous tenons de la façon la plus énergique et déterminée à dénoncer:

1. les tueries et massacres prémédités des populations civiles plus particulièrement les lourdes pertes en vies humaines subies par les adeptes de BUNDU DIA KONGO;

2. la politique du chantage pratiquée en RDC : « ou on est d’accord ou on se tait ! » ;

3. la présence et l’action néfaste de certains pays « étrangers » en RDC ;

4. le silence, le mutisme coupable de la Belgique devant ces faits ignobles, pays qui a formé et armé des éléments militaires qui sont aussi impliquées dans des tueries en Ituri.

5. la politique irresponsable de l’autruche adoptée par l’Etat congolais et qui consiste à ne pas prendre en compte les aspirations légitimes des populations congolaises à une plus grande autonomie de gestion publique;

6. les propos fantaisistes et méprisants du ministre belge de la coopération Monsieur Armand De DECKER à propos de ces tueries.

Nous tenons de même à interpeller l’Union Européenne et l’ONU qui se montrent impuissantes et complaisantes face à de telles barbaries.

Avec la même détermination et fermeté, nous exigeons:

1. que la vérité soit étalée au grand jour et que les auteurs, co-auteurs et commanditaires de ces bavures répondent de leurs actes devant le peuple congolais et le peuple Ne Kongo en particulier.

2. la démission du ministre de l’intérieur le Général Dénis KALUME ainsi que de tous les responsables impliqués et leur déférence devant la justice pour le respect de la mémoire des victimes.

3. l’indemnisation des familles sinistrées

4. le respect, pour l’intérêt général, de la culture démocratique, de la liberté de manifestation et d’expression ainsi que la protection de la population civile ;

5. un nouveau contrat social fondé sur un fédéralisme négocié basé sur le principe de l’unité dans la diversité des peuples au sein de la nation congolaise conformément aux principes de l’Union Africaine ;

6. l’ouverture d’une enquête internationale sur ces massacres;

7. la libération immédiate de Maître Marie Thérèse LANDU, du Pasteur KUTINO ainsi que de tous les autres prisonniers politiques croupissant dans les prisons congolaises au mépris des droits élémentaires du citoyen.

3. Appel au Peuple Ne-Kongo de la Diaspora

Chers Frères et Soeurs,
Filles et Fils Ne-Kongo,

Nous, que la république des anti-valeurs imposée à notre Peuple a contraint à l’exil à travers le monde, nous ne pouvons mériter le précieux héritage de nos ancêtres et la fierté de nos glorieux aînés en restant les bras croisés. Voilà pourquoi, fidèles aux valeurs qu’ils ont incarnées, nous vous lançons un appel pressant pour :

1. être solidaire avec les victimes et les sinistrés de ces actes de barbaries inqualifiables ;

2. s’unir dans l’action pour soulager les souffrances de la population civile gravement touchée et démunie ;

3. s’organiser en vue d’une forte résistance contre toute tentative de destruction des valeurs et repères culturels Ne-Kongo.

De même, pour capitaliser l’élan de mobilisation des Ne-Kongo de par le monde, nous devons contribuer à mettre en oeuvre des actions concrètes suivantes:

1. l’érection d’une stèle et d’autres monuments commémoratifs dans la province du Kongo Central en mémoire des martyrs tombés lors de derniers événements ;

2. l’adoption de l’une des dates de ces massacres (31 janvier au 3 février) comme « Journée des martyrs de la liberté et la vertu » commémorée chaque année à travers toute la province du Kongo Central ;

3. la création d’une structure permanente chargée de rassembler les Ne Kongo.

Mesdames, Messieurs,

Je vous remercie pour votre attention !

Vive le Peuple Ne Kongo ! Vive le Peuple Congolais ! Vive l’Union Africaine !

Au nom de la COMMUNAUTÉ NE KONGO DE LA DIASPORA,

Modération: M. KUNGU LUZIAMU (kungu@skynet.be / Tél.: +32.479.77.93.25)

Orateur: M. DIATEZWA Omar Basile (diatezwabasile@yahoo.fr / Tél. : + 32.478.81.32.79)